Le visa Digital Nomad pour le Bhoutan : Ce qu’il faut savoir

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Le royaume himalayen vient de lancer le premier visa nomade numérique au monde adossé à une blockchain, réservé à une élite choisie avec soin.

Le Bhoutan n’a jamais aimé les foules. Pendant des décennies, le petit royaume himalayen imposait une taxe journalière pouvant atteindre 250 $ à chaque visiteur, accompagné obligatoirement d’un guide certifié. Le message était clair : bienvenue, mais à nos conditions.

Ce mois-ci, ce même royaume vient de lancer un programme de visa pour digital nomades et il reste, dans l’esprit, fidèle à lui-même. Pas de porte grande ouverte. Pas de course aux inscriptions. Une sélection. Une philosophie. Et, surprise, de la blockchain.

Gelephu Mindfulness City : le cadre du projet

s'expatrier au bhoutan
https://digitalgmc.com/#why-bhutan

Le programme est porté par la Gelephu Mindfulness City Authority (GMCA), une zone administrative spéciale en cours de construction dans le sud du Bhoutan, près de la frontière indienne.

Lire : Et si le Bhoutan inventait la ville du futur grâce au Bitcoin ?

Le projet, soutenu par la famille royale, ambitionne de devenir un hub mêlant technologie verte, bien-être, durabilité et innovation, une sorte de Silicon Valley tournée vers l’intérieur plutôt que vers la croissance à tout prix.

Ce que le visa propose concrètement

https://digitalgmc.com/#why-bhutan
  • Durée : 12 mois, renouvelable jusqu’à 24 mois au total
  • Frais d’inscription : 2 800 $/an
  • Condition financière : dépôt minimum de 10 000 $ en tokens TER auprès de DK Bank, remboursable intégralement à la sortie du programme
  • Liberté de circulation : les titulaires peuvent vivre et voyager dans tout le royaume, pas seulement à Gelephu
  • Pas de seuil de revenus minimum publié (les dossiers sont examinés au cas par cas)
  • Pas de durée de séjour obligatoire
  • Exonération de la taxe touristique journalière habituelle
  • Revenus étrangers non imposés au Bhoutan (sous réserve de votre propre situation fiscale)

La première cohorte est ouverte pour 2026, avec un nombre de places strictement limité.

Le TER : la pièce centrale du puzzle

C’est ici que le Bhoutan sort vraiment du lot parmi les destinations nomades.

Le TER est un stablecoin adossé à l’or physique, émis sur la blockchain Solana par la GMCA. Chaque token représente 0,01 gramme d’or 99,99 % de pureté stocké dans des coffres-forts certifiés à travers le monde. Il est distribué exclusivement par DK Bank, l’une des plus grandes banques numériques réglementées du Bhoutan, et peut être échangé contre de l’or physique.

https://ter.bt/ter
Ter Token crypto – https://ter.bt/ter

Le dépôt de 10 000 $ n’est donc pas une taxe ou un loyer : c’est une allocation dans un actif tangible. À la fin du séjour, vous repartez avec votre équivalent en or ou en TER convertibles.

Ce choix s’inscrit dans une stratégie crypto plus large du Bhoutan : le royaume mine du Bitcoin depuis plusieurs années en utilisant ses surplus d’énergie hydroélectrique, détient des réserves estimées autour de 700 millions de dollars, et a ancré une partie de son système d’identité numérique nationale sur Ethereum. Le TER, lancé fin 2025, compte déjà plus de 7,8 millions de tokens en circulation.

Une logique de tri assumée

La plupart des visas nomades fonctionnent selon une formule simple : justifiez X euros de revenus par mois, payez Y de frais, séjournez Z mois. Le Bhoutan fait autre chose.

Les candidats sont évalués sur leur profil professionnel et leur alignement avec la vision du projet tech, entrepreneuriat, professions créatives, indépendants. Pas d’algorithme de volume. Pas de campagne d’acquisition de masse. Un filtre culturel et philosophique explicite.

C’est cohérent avec l’histoire du pays. Le Bhoutan est la seule nation au monde à mesurer officiellement son développement via un Indice National de Bonheur Brut (GNH) plutôt que par le seul PIB. Étendre cette logique à l’attraction des travailleurs à distance n’est pas un virage stratégique, c’est une continuité.

Ce qu’il faut garder en tête

Le projet a des atouts évidents : paysages himalayens préservés, culture millénaire, cadre de vie radicalement différent de Bali ou Lisbonne, prix à terme potentiellement intéressant si TER s’apprécie.

Mais il faut aussi être lucide :

  • Gelephu Mindfulness City est encore en construction. L’infrastructure disponible aujourd’hui n’est pas celle du projet achevé. Rejoindre le programme, c’est participer à un chantier en cours, pas emménager dans une ville finie.
  • Le pays est enclavé, en haute altitude, culturellement conservateur. Ce n’est pas une destination pour ceux qui cherchent une vie sociale intense.
  • Le dépôt en TER introduit une exposition à un actif numérique, même stable, la convertibilité et la liquidité à l’exit méritent d’être vérifiées en détail.
  • Les candidatures sont revues cas par cas : un refus est possible.

Pour qui est destiné le programme ?

Le programme cible en priorité les travailleurs à distance, freelances, entrepreneurs, créatifs et professionnels de la tech capables de générer leurs revenus en dehors du Bhoutan. Il s’adresse à ceux qui ne cherchent pas simplement un avantage fiscal ou un coût de la vie réduit, mais une expérience de vie profondément différente dans un pays qui valorise le bien-être, la durabilité et la lenteur assumée.

Ce n’est pas un visa pour les nomades en transit qui enchaînent les destinations tous les deux mois. C’est un programme pour ceux qui veulent s’installer vraiment, même temporairement, et contribuer à un projet de société en construction.

L’absence de seuil de revenus minimum publié ne signifie pas que la barre est basse : les dossiers sont étudiés au regard de l’adéquation entre le profil du candidat et la vision de Gelephu Mindfulness City.

En clair : si vous êtes développeur, designer, chercheur, entrepreneur dans la tech verte ou les secteurs créatifs, et que vous êtes à l’aise avec l’idée d’immobiliser 10 000 $ dans un actif or le temps de votre séjour, vous êtes dans la cible.

Si vous cherchez à vous expatrier dans un pays ensoleillé avec une vie nocturne animée ou si vous cherchez un deuxième passeport, ce n’est probablement pas votre prochaine étape.

En résumé

Le Bhoutan vient d’inventer quelque chose de nouveau dans l’espace des visas nomades : un programme de résidence curatif, philosophiquement cohérent, technologiquement avant-gardiste (premier visa au monde sur Solana), et financièrement original (premier dépôt obligatoire en stablecoin adossé à l’or).

Ce n’est pas pour tout le monde, et c’est exactement le point.

Pour les professionnels qui cherchent une profondeur d’expérience plutôt qu’un arbitrage fiscal, et qui ont la flexibilité financière pour immobiliser 10 000 $ le temps d’un séjour, c’est une proposition qui n’a tout simplement pas d’équivalent sur la carte.

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