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Je t’aime, moi non plus : Pourquoi les banques s’intéressent aujourd’hui à Bitcoin ?

28 juin 2023

Depuis ses débuts en 2009, le Bitcoin a suscité des réactions mitigées de la part des banques et des institutions financières. Cependant, au gré des années, les positions s’adoucissent et les banques sont toujours plus enclines à investir dans le Bitcoin. C’est en tous les cas, ce que nous indiquent les récentes soumissions pour créer des ETF Bitcoin de la part des banques et fonds d’investissement (Blackrock, Fildelity, etc).

Qu’il s’agisse de la SEC, des banques centrales ou encore des gouvernements ou du FMI, les positions ont fluctué au fil des années. Ce changement de perspective est pour le moins inattendu car – de par sa nature décentralisée – Bitcoin est une monnaie qui peut se passer des banques. Il aurait été difficile de penser qu’une décennie après sa création, les banques s’intéressent d’aussi près à un actif qui était censé les faire déchoir.

Qu’est-ce qui a motivé un tel changement de position? Quelles sont les motivations réelles des banques? Cela comporte-t-il un danger pour la philosophie du Bitcoin?

C’est ce à quoi nous tenterons de répondre ici, en apportant un éclairage sur le déroulé historique des relations entre les banques et le Bitcoin.

Introduction au Bitcoin et son rapport avec l’industrie bancaire

Si l’on étudie dans les grandes lignes le fonctionnement de Bitcoin, la première conclusion qu’il en ressort, c’est qu’il est diamétralement opposé au banques et au système bancaire traditionnel.

Voici les éléments qui opposent Bitcoin et les banques :

  1. Un contrôle centralisé : Les banques fonctionnent sur un modèle centralisé où elles agissent en tant qu’intermédiaires de confiance et contrôlent toutes les transactions et les fonds des clients. En revanche, Bitcoin est conçu pour éliminer la nécessité d’un intermédiaire, permettant aux utilisateurs de prendre le contrôle total de leurs fonds et de leurs transactions. Le titre du livre blanc de Bitcoin est ” un système de paiement électronique pair-à-pair”. Le terme “pair-à-pair” renvoyant à l’idée que les utilisateurs peuvent l’utiliser directement, sans faire appel à aucun intermédiaire.
  2. Confidentialité et transparence : Les banques traditionnelles doivent respecter les réglementations en matière de confidentialité et de lutte contre le blanchiment d’argent. Cela implique la collecte et la divulgation d’informations personnelles des clients. Bitcoin, en revanche, offre une certaine forme d’anonymat pour les utilisateurs, permettant des transactions pseudonymes sans divulguer d’informations personnelles.
  3. Frais et délais : Les banques facturent souvent des frais pour divers services, tels que les virements et les conversions de devises. De surcroît, les transactions entre banques peuvent prendre du temps en raison des systèmes de compensation et des contrôles réglementaires. En comparaison, les transactions Bitcoin peuvent être plus rapides et peuvent nécessiter des frais généralement moins élevés, car elles éliminent les intermédiaires traditionnels.
  4. Censure et contrôle : Les banques ont le pouvoir de bloquer ou de limiter les transactions en fonction de divers facteurs, tels que les réglementations gouvernementales, les politiques internes ou les soupçons d’activités illégales. Bitcoin, en tant que réseau décentralisé, est conçu pour être résistant à la censure (censorship resistance) et permettre des transactions sans restriction, tant que les règles du protocole sont suivies.

Pour toutes ces raisons, le Bitcoin est apparu aux yeux des banques du monde entier comme une menace directe qui pouvait remettre en cause leur efficacité et même leur légitimité.

Cependant, après l’avoir considéré comme une menace, des changements de mentalité se sont progressivement dessinés et l’on a pu voir un attrait toujours plus grand de la part des banques. Voici comment cela s’est déroulé.

Un rejet du Bitcoin et un intérêt grandissant pour la blockchain

Il semblerait que les banques se soient familiarisés avec le concept de décentralisation lorsque de nouvelles cryptomonnaies ont fait leurs apparitions. Ayant de fondateurs connus ( contrairement à Bitcoin), une structure juridique définie ( contrairement à Bitcoin encore une fois), les cryptomonnaies sont apparus aux yeux des banques comme des monnaies inoffensives.

Ainsi, ce qui a été retenu, c’est non pas bitcoin en tant que monnaie, mais le substrat même qui constitue bitcoin à savoir le fait qu’il s’agisse d’une “cryptomonnaie”.

L’apparition de nouvelles cryptomonnaies telles que Ethereum a fait explosé la capitalisation boursière de l’industrie cryptographique. Les Initial Coin Offering (ICO) qui sont des levées de fonds non réglementées ont permis de brasser des millions de dollars, au cours de l’année 2017. Un tel brassage de dollars a naturellement attiré les fonds d’investissements qui ont été les premiers instituions financières à vouloir prendre une part du marché.

Étant étroitement liés aux banques, il semblerait que le premier pont entre celles-ci et Bitcoin se soit construit de la sorte. Les banques ont alors réalisé qu’elles pourraient manquer des opportunités lucratives si elles continuait de “nier” les cryptomonnaies.

À partir de là, la lecture de ce qu’est Bitcoin a semblé bien plus intéressante pour les banques. Elles y ont trouvé un nouveau terrain d’opportunité et l’occasion ultime d’évoluer.

Quels sont les avantages du Bitcoin pour les banques?

Les banques ont compris qu’elles avaient beaucoup à gagner en intégrant le Bitcoin dans leurs opérations. Voici les principales avantages que les banques ont à intégrer les cryptomonnaies :

Tout d’abord, le Bitcoin peut aider les banques à réduire leurs coûts opérationnels. Les transactions Bitcoin sont beaucoup moins chères que les transferts traditionnels, ce qui peut permettre aux banques d’économiser des millions de dollars chaque année.

Deuxièmement, le Bitcoin peut améliorer l’efficacité et la rapidité des transactions. Les transferts Bitcoin peuvent être effectués en quelques minutes, tandis que les transferts traditionnels peuvent prendre plusieurs jours. Cela peut être particulièrement bénéfique pour les transactions transfrontalières, qui sont souvent lentes et coûteuses.

Enfin, le Bitcoin peut offrir de nouvelles opportunités commerciales pour les banques. C’est certainement le point de bascule qui a permis aux banques de s’intéresser à Bitcoin. En intégrant la cryptomonnaie dans leurs services, les banques peuvent attirer de nouveaux clients et se positionner comme des innovateurs dans le secteur financier. Les clients des banques peuvent bénéficier d’une plus grande diversification de leur portefeuille d’investissement en incluant des actifs numériques, ainsi que de la possibilité de réaliser des transactions internationales plus rapides et moins coûteuses.

Quels sont les obstacles et les risques associés à l’adoption du Bitcoin par les banques?

Bien que le Bitcoin présente de nombreux avantages potentiels pour les banques, il existe également des défis et des risques à prendre en compte.

L’une des principales raisons pour lesquelles les banques ont initialement rejeté le Bitcoin est le manque de réglementation et de surveillance dans le secteur des cryptomonnaies. Bien qu’il y ait de plus en plus de pays adoptant une politique tolérante aux crypto-actifs, les craintes liées au blanchiment d’argent, au financement du terrorisme et à d’autres activités illicites ont rendu les banques réticentes à s’engager dans ce domaine. De même, les banques ne sont pas à l’abri d’un changement de loi qui perturberait alors l’usage et la détention des cryptomonnaies.

Un autre défi se pose quand à la volatilité du Bitcoin car le prix du Bitcoin peut fluctuer considérablement en peu de temps, ce qui peut rendre difficile la gestion des risques pour les banques. Cependant, il faut noter que la volatilité du cours du bitcoin tend à diminuer au cours du temps.

Enfin, il y a des préoccupations liées à la sécurité et à la confidentialité. Bien que la technologie de la blockchain offre une sécurité accrue, il y a toujours des risques de piratage et de vol de Bitcoin. Les banques devront donc investir dans des mesures de sécurité robustes pour protéger les actifs de leurs clients. Pour cela, les banques doivent mettre en place une infrastructure technique pour prendre en charge les transactions Bitcoin. Cela peut inclure l’installation de portefeuilles Bitcoin sécurisés, le développement de systèmes de paiement compatibles avec le Bitcoin et la formation du personnel sur les aspects techniques du Bitcoin.

Quelles sont les banques qui ont adopté le Bitcoin?

Malgré les défis et les risques, de plus en plus de banques et institutions financières ont commencé à explorer des solutions de paiement ou des services liés aux crypto-monnaies. La liste ne cesse de s’étendre et les instruments financiers tels que les Bitcoin ETF sont actuellement en procédure.

Sans surprise, c’est dans l’un des pays les plus crypto-friendly qui soit, à savoir la Suisse que l’on retrouve les premières banques à avoir adopté Bitcoin. On peut citer Falcon Private Bank et SEBA Bank qui ont été parmi les premières à offrir des services de gestion de crypto-monnaies à leurs clients.

Parmi les banques qui se montrent les plus enthousiastes à adopter Bitcoin et les cryptomonnaies, on retrouve les néo-banques comme Revolut ou encore Bitwala.

Récemment, la plus grande société de gestion d’actifs, BlackRock à déposé un dossier pour créer un ETF, suivi par Fidelity Investments et la liste ne cesse de s’agrandir.

Les banques ne viennent-elles pas “détruire” le concept du Bitcoin?

Le changement d’attitude des banques à l’égard du Bitcoin et des cryptomonnaies est paradoxal au prime abord. Pour le peu que l’on connaisse la philosophie des cypherpunks, qui est à l’origine de la création du Bitcoin, cela peut surprendre de savoir que le bitcoin est en voie de devenir un actif financier choyé par les banques.

Faut-il s’en indigner? Faut-il craindre pour l’avenir du Bitcoin? Cela dépendra de la philosophie de chacun. Les plus puristes quand au concept du Bitcoin peuvent s’attrister d’un tel accaparement par les banques. Avec les banques, acheter un ETF Bitcoin ou une action Amazon, reviendrait au fond à la même chose…En ajoutant une dimension spéculative, une traçabilités dans les transactions et une mainmise de l’establishment, cela détruit en quelques sorte ce qui fait la grandeur et l’originalité de Bitcoin.

Pour d’autres personnes moins sensible à l’éthos du Bitcoin, cela peut être une bonne chose car cela permet de limiter les possibilités du Bitcoin. En le reléguant dans la case “actif financier”, bitcoin sera moins utilisé pour les opérations de transferts d’argent et sera donc plus convivial et plus “servile” pour les gouvernements.

On peut alors légitimement se demander si cette engouement pour les banques envers Bitcoin n’est pas une stratégie subtile pour tenter de réduire toujours plus son impact?

Si un tel plan machiavélique est en cours, il faut rappeler que le protocole Bitcoin restera indemne si les utilisateurs continuent de l’utiliser directement, sans passer par des banques et des instruments financiers diverses. C’est encore là que tout se joue, car il ne faut pas oublier que si les banques semblent “aimer” bitcoin aujourd’hui, l’inverse n’est pas tout à fait vrai…

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Ines Aissani

Éditrice du journal ZoneBitcoin, tombée dans le terrier du Bitcoin et farouchement convaincue qu'il peut apporter une solution aux problématiques liée à l'inclusion financière.

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