irak et bitcoin
source: Photo de https://unsplash.com/@levimeirclancy?utm_source=unsplash&utm_medium=referral&utm_content=creditCopyText">Levi Meir Clancy sur Unsplash

En Irak, sous les vestiges de la guerre, le Bitcoin attire les irakiens

Le lundi 20 mars, cela fait exactement 20 ans que l’Irak a subit les premières frappes américaines, marquant ainsi le début d’une guerre qui a duré 8 ans. Sans l’aval du conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis d’Amérique, sous le commandement de Georges W. Bush mettent fin au régime bassiste de Saddam Hussein, qui sera pendu, le 13 décembre 2011, mettant fin à la guerre.

Lorsque les troupes américaines se sont retirées, le pays s’est retrouvé face à lui-même, démuni et démoli avec une population meurtrie et une souveraineté sous perfusion. La guerre a notamment participé à l’essor du mouvement Daesh qui n’a cessé de déstabiliser la région avant de s’étendre au reste du monde…

Ainsi, vingt ans plus tard, les langues se délient enfin et l’heure du bilan objectif s’impose. L’Irak aujourd’hui souffre encore des séquelles d’une guerre qu’il est encore aujourd’hui difficile de justifier, et la situation économique reste complexe pour l’ensemble de la population.

Dans ce contexte particulier, il apparait qu’un nombre toujours plus important de personnes s’intéressent au bitcoin et aux cryptomonnaies. Dans un pays qui doit tout reconstruire avec un système financier chancelant, les cryptomonnaies sont une alternative de premier choix pour effectuer des paiements à l’international. Pourtant, l’usage des cryptomonnaies a été interdit dans le pays, en 2017. Vraisemblablement, cela n’empêche pas, la population de contourner la loi pour se procurer du bitcoin et d’autres cryptomonnaies.

Malgré l’interdiction d’utiliser les cryptomonnaies, son adoption est toujours plus grande

Le gouvernement à interdit l’utilisation des cryptomonnaies en Irak, en 2017, à l’instar d’autres pays comme la Chine, l’Algérie, la Turquie ou encore le Nigéria. Bien que depuis, certaines réglementations se sont allégées, que des pays se montrent toujours plus crypto-friendly d’un point de vue juridique, le gouvernement irakien n’est pas revenu sur son interdiction. Pourtant, les irakiens comme d’autres populations du Moyen-Orient telles que la population libanaise ou turque montrent un intérêt grandissant pour les cryptomonnaies. Bien que les États peuvent théoriquement interdire l’usage des cryptomonnaies, il s’avère très difficile voire impossible de l’interdire en pratique. C’est ce qui explique que l’adoption des cryptomonnaies est toujours plus élevée dans la région.

Source : image généré par l’IA sur Midjourney;

L’interdiction d’utiliser les monnaies numériques a pu contribuer -paradoxalement- à faire éclore des entreprises d’arnaques en tout genre. Lorsque les cryptomonnaies sont interdites, l’absence de cadre réglementaire offre une portée d’entrée à de multiples escroqueries. L’équivalent de millions de dollars ont alors été volés par des entreprises se faisant passer pour des entreprises légitimes et utilisant les crypto-actifs pour attirer des victimes. Cela a par exemple été le cas de la société Praetorian Group International, fondée sur une pyramide de Ponzi dont les fondateurs ont disparu avec plus de 40 millions de dollars.

Dans un pays en proie à des difficultés économiques, où les investissements constituent souvent des épargnes d’une vie, ces arnaques ont des conséquences dramatiques, au sein des familles des victimes.

Dans un cimetière financier, les plateformes d’échanges fleurissent

La population irakienne compte environ 40 millions d’habitants avec plus de 60% de la population qui a moins de 25 ans. La pénétration d’internet et de l’usage mobile est supérieure à 75%. Cela en fait un candidat idéal pour adopter la cryptomonnaie, d’autant plus que le secteur des paiements numériques et celui de l‘open Banking sont encore sous-développés.

Pour de nombreux entrepreneur tels que Nimrod Lehavi, c’est précisément dans ce contexte que l’adoption du bitcoin et des cryptomonnaies est susceptible d’être les plus fortes. Le bitcoin apparait en effet comme une alternative de premier choix dans les pays qui ne disposent pas d’un système financier robuste.

Il existe alors de nombreux groupes d’échange en peer-to-peer sur réseaux sociaux tels que Telegram et Facebook, de mêmes que certains agents de change anonymes sont présents sur des messageries décentralisées.

La première plateforme d’échange du pays, Kurdcoin, a été lancé en 2017 par Abdurrahman Bapir. Basée en Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, la plateforme contourne l’interdit irakien car elle sous la juridiction d’un État autonome, qui n’a pas (encore?) légiféré sur l’usage des cryptomonnaies. La plateforme compte des milliers de clients qui utilisent régulièrement la plateforme sur laquelle ils peuvent avec du dinar iraqien (IQD), acheter et vendre du bitcoin, principalement.

Source : https://kurdcoin.krd

Abdurrahman Bapir a déclaré que la grande majorité de ces clients étaient des hommes d’affaires et des personnes intéressé par l’univers de la technologie en général. Il a ajouté que de nombreuses personnes vivant en dehors de l’Irak utilisaient Kurdcoin afin d’envoyer des fonds à leurs familles. C’est ainsi une manière de contourner les prestataires tels que Western Union qui n’acceptent pas les cryptomonnaies et qui facturent des frais de commission important. Les cryptomonnaies dont le bitcoin sont alors utilisés comme monnaie de paiement pour régler certains services.

Certains irakiens sont également attirés par le bitcoin comme actif spéculatif, car “il n’y a pas d’opportunités d’investir par le biais des banques”, a déclaré Abdurrahman Bapir et cela leur permet de pouvoir accéder à des produits financiers, autrement inaccessibles.

Comment les irakiens parviennent à contourner l’interdiction d’utiliser les cryptomonnaies?

Acheter et vendre du bitcoin en Irak, compte tenu de l’interdiction n’est pas chose facile. Ce qui complique davantage la chose tient en réalité au fait que la grande majorité des irakiens ne disposent pas de compte bancaire.

Ainsi, pour pouvoir acheter ou vendre du bitcoin contre des monnaies fiduciaires internationales comme le dollars, ils peuvent utiliser des plateformes d’échanges, qui sont basées dans des juridictions souples, comme c’est le cas de la plateforme OKX, basée aux Seychelles. La plateforme est alors ouverte à toutes les nationalités du monde, même ceux issus de pays ayant interdit l’usage des cryptomonnaies. C’est d’ailleurs une plateforme également très prisée par les africains qui souhaitent acheter du bitcoin. Les utilisateurs peuvent en effet effectuer des transactions avec des cartes de paiement qui n’impliquent pas d’ouvrir un compte bancaire comme avec le service ZainCash, par exemple.

Le bitcoin peut être un tremplin économique pour la région du Moyen-Orient

Le Moyen-Orient est un paysage plutôt hétérogène en terme de réglementations sur les cryptomonnaies. Alors que le Bahreïn et surtout les Émirats arabes unis avec Dubai en tête qui attirent toujours d’entreprises cryptos, l’Irak, le Liban ou la Turquie ont interdit l’usage des cryptomonnaies. Rappelons que le bitcoin est considéré comme un actif “Halal” qui n’est pas donc interdit dans le cadre de la religion musulmane. Les gouvernements interdisent le bitcoin pour des raisons politico-économiques de lutte contre les fraudes et le blanchiment d’argent notamment.

Pour le fondateur de KurdCoin, l’usage des cryptomonnaies pourraient attirer de nouveaux acteur dans la région et favoriser au développement d’une nouvelle branche technologique. Il a déclaré à ce propos que les cryptomonnaies peuvent grandement ” améliorer la qualité de vie (en Irak) et dans le monde“.

“J’espère que notre gouvernement et la banque centrale vont aborder la crypto avec un esprit ouvert et la verront comme une porte vers l’avenir, pas comme une menace.”

Abdurrahman Bapir, https://www.al-monitor.com/originals/2022/11/kurdcoin-founder-says-lack-regulation-cryptos-big-challenge-iraq#ixzz7wV1UAnck

Plutôt que de l’interdire, l’Irak devrait envisager une réglementation

Ce que l’on voit avec l’Irak, comme avec de nombreux pays où la population est fortement non-bancarisé, l’utilisation du bitcoin s’avère nécessaire. Le bitcoin n’est pas considéré uniquement comme un actif spéculatif, une valeur refuge mais bel et bien une monnaie, comme une autre, voire supérieure (en terme de possibilités) que la monnaie nationale.

C’est pourquoi de nombreux irakiens, comme le souligne Abdurrahman Bapir souhaitent que le pays établisse un cadre réglementaire précis pour les sociétés oeuvrant dans le secteur cryptographique. C’est d’ailleurs le propos partagé par Nipun Srivastava, directeur du cabinet de conseil Deloitte au Moyen-Orient, spécifiant qu’ « au lieu de pousser les crypto-monnaies à la périphérie des systèmes financiers, les banques centrales et les autres régulateurs doivent jouer un rôle de premier plan pour les généraliser”.

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La Rédaction ZoneBitcoin

Passionnés par le Bitcoin, nos rédacteurs tentent de démocratiser leurs connaissances à travers des articles variés et touchant différents sujets.

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