débunkage de mythes sur le bitcoin

Débunkage : 7 idées préconçues sur Bitcoin qu’il est important de corriger

28 avril 2023

Le Bitcoin est un sujet clivant qui peut susciter des débats passionnés alimentés bien souvent par des opinions personnelles. Il y a ceux qui le défendent à tous les égards et qui souhaitent en faire une monnaie universelle reconnue par tous. Il y a ceux qui ne voient en bitcoin, qu’un actif virtuel insignifiant n’ayant pas d’autres utilités que la spéculation.

Que vous souteniez ou non le Bitcoin, il est important de savoir qu’il existe de nombreuses idées préconçues qui circulent. Avant de choisir son camp, il est raisonnable de se renseigner sur les arguments de chaque partie afin de vous forger une opinion qui soit basée sur des éléments factuels.

Nous pensons que Bitcoin souffre d’une réelle méconnaissance, qui est relayée hélas, par de nombreuses personnes et médias qui ne se sont pas renseignés suffisamment sur le sujet. Nous avons voulu, ici, reprendre les idées préconçues, les opinions et les préjugés populaires afin d’y apporter un éclairage rationnel.

Le but n’est pas tant de convaincre ou de faire l’apologie du bitcoin que de corriger les erreurs qui entravent sa compréhension.

Idée préconçue n° 1 : Le bitcoin n’a pas d’utilité dans le monde réel

C’est là un des mythes les plus répandus sur le bitcoin, à savoir le fait qu’il n’a pas d’utilité dans le monde réel. Les détracteurs du bitcoin affirment que le bitcoin est une monnaie virtuelle et qu’il n’a pas d’ancrage dans l’économie réelle. Il ne serait pas plus utile qu’une pièce de casino sur internet. Dans la même logique, il est dit que sans ordinateur et sans connexion à Internet, Bitcoin n’existerait pas.

La vérité est que le bitcoin à une utilité dans le monde réel, et non des moindres. Le Bitcoin est un système de paiement électronique qu’il permet de réaliser des paiements instantanés sans avoir besoin de recourir à un tiers de confiance. Grâce au bitcoin, chaque personne dans le monde peut effectuer un paiement à quiconque, sans devoir passer par une banque ou un service de paiement. C’est une utilité bien concrète que le bitcoin possède lorsqu’il s’agit de payer un service ou un bien, de la vie réelle. Que dire des personnes non-bancarisées qui ne peuvent recevoir des fonds depuis l’étranger et à qui le bitcoin est la seule alternative ?

Peut-on réellement continuer de dire que le bitcoin n’a pas d’utilité dans le monde réel, alors que précisément il vient résoudre les problèmes de transferts monétaires mondiaux qui font défaut présentement? Offrir un système financier accessible à tous, sans restrictions ni d’âge, de genre ou de nationalité représente une utilité qui dépasse le simple usage individuel.

Idée préconçue n° 2 : le bitcoin n’est pas sécurisé, tout le monde peut perdre ses bitcoins

Une idée répandue parmi les personnes qui ne connaissent pas Bitcoin affirme que le Bitcoin est un réseau faillible, sujet à différents piratages informatiques. Cette idée préconçue est le résultat de confusions et d’amalgames entre différentes histoires. En effet, lorsque les plateformes d’échanges ou les protocoles subissent des hacks qui font perdre plusieurs bitcoins, une personne ignorant le fonctionnement de bitcoin peut penser qu’il s’agit d’un partage du protocole lui-même.

Or, il n’en est rien. Lorsqu’une plateforme comme la tristement célèbre MtGox a fermé ses portes en 2014 suite à un vol de près de 744 408 bitcoins, ce n’est pas le réseau Bitcoin qui a été piraté mais le site qui hébergeait les bitcoins. Ce sont les procédures de sécurité défaillantes des plateformes centralisées qui peuvent être piraté et c’est là où la confusion est née dans l’esprit de certaines personnes.

En 2023, cela fait 14 ans que le protocole bitcoin fonctionne en toute sécurité et il n’a jamais été piraté. Son code source est constamment examiné et de nombreux experts en sécurité et informaticiens. Une puissance de calcul importante sécurise le réseau et il faudrait des moyens (financiers, énergiques, etc) pharamineux pour tenter de réaliser une attaque à 51%. Plus encore, les mineurs qui sécurisent le réseau sont répartis dans le monde entier. Autrement dit, il n’y a pas de point de défaillance unique, contrairement aux autres systèmes de sécurité centralisée.

Idée préconçue n° 3 : Le bitcoin est une monnaie idéale pour les criminels et les escrocs

Lors des premières années d’existence sur le marché, le Bitcoin a reçu une très mauvaise image car il était associé au Darknet et à la criminalité. En effet, la première utilisation importante du bitcoin consistait à réaliser des paiements sur la plateforme Silk Road, fondée par Ross Ulbricht. La plateforme qui permettait d’acheter des produits illicites tels que des drogues, des armes et toute autres choses a été fermé en 2013. Après cela, le bitcoin a connu une expansion toujours plus grande.

La vérité est que tout comme le dollar ou les monnaies fiduciaires classiques, il peut y avoir une utilisation dangereuse ou malhonnête de la monnaie. Le bitcoin est une monnaie neutre et selon les usages des personnes, il peut être utilisé à fins criminelles ou philanthropiques. Cependant, bien que cette image du Dark Web soit dépassée depuis plus de 10 ans, elle ne cesse d’être évoquée auprès des détracteurs. Cependant, le “Crypto Crime Report” de Chainalysis, indiquent que les transactions impliquant des adresses illicites ne représentaient que 0,15 % du volume des transactions de cryptomonnaie en 2021.

Bien évidemment, on peut mettre en doute les études et les chiffres et ajouter qu’il y a énormément d’escroqueries dans l’univers crypto. Là, il s’agirait alors de ne pas faire l’amalgame entre l’utilisation du bitcoin pour des fins criminelles et les arnaques liées à des projets cryptographiques, qui sont très éloignées des fondements du Bitcoin.

Ce qu’il faut savoir, c’est que fondamentalement, le bitcoin n’est pas une monnaie idéale pour les criminels, c’est même l’inverse. En effet, il est facile pour les autorités de tracer toutes les opérations et de remonter aux criminels. Toutes les opérations sont enregistrées de manière immuable sur la blockchain et tout le monde peut y accéder. Par conséquent, l’argent en espèce est toujours la voie préférée des criminels.

Idée préconçue n° 4 : le bitcoin peut être interdit par les États et les gouvernements

C’est là encore une idée préconçue tenace qui est souvent mise en avant par les personnes qui ne connaissent pas le fonctionnement du Bitcoin. Spontanément, on peut en effet penser qu’il suffit qu’un gouvernement décide d’interdire Bitcoin pour que celui-ci s’arrête de fonctionner. On peut aussi penser que si un gouvernement interdit l’usage des cryptomonnaies avec l’impossibilité d’accéder à certains sites, alors la population ne pourra y avoir accès. Enfin, on peut aussi penser naïvement qu’un pays pourrait prendre part au minage de bitcoin pour arrêter le réseau et mettre fin à Bitcoin.

Il est vrai qu’il est possible de censurer partiellement Internet. Des gouvernements pourraient bloquer l’accès à certains sites comme cela peut se voir en Chine ou en Corée du Nord. Cela est partiellement possible car Internet repose sur des serveurs centralisés avec des fournisseurs que les gouvernements peuvent arrêter. En revanche, Bitcoin fonctionne grâce à des noeuds décentralisés et répartis dans l’ensemble du monde. Cela signifie que pour interdire bitcoin, il faudrait que tous les gouvernements du monde, sans exception, se mettent d’accord pour interdire bitcoin, et cela ne suffirait pas à arrêter le réseau. Il y a aujourd’hui des satellites et des solutions pour envoyer du bitcoin par sms. Ainsi, même dans ce scénario improbable, il y aurait toujours possibilité de faire fonctionner le réseau avec quelques serveurs.

Idée préconçue n° 5 : Le cours du bitcoin est une bulle spéculative

Considérer que le cours du bitcoin est purement spéculatif et qu’il n’est qu’un phénomène de “tulipomanie” est certainement l’un des arguments les plus anciens pour décrédibiliser Bitcoin. La tulipomanie est un épisode financier qui s’est produit au Provinces-Unies au milieu du XVIIè siècle. Connu aussi sous le nom de la “crise de la tulipe” en histoire économique, cela retrace l’augmentation massive du cours du bulbe de tulipe avant son effondrement soudain. Qualifié comme la première bulle spéculative de l’histoire, de nombreuses personnes croient reconnaître dans le bitcoin, le même scénario financier.

Une bulle spéculative est définie par une flambée des prix des actifs à des niveaux nettement supérieurs à la valeur fondamentale de cet actif. Or, la valeur fondamentale de bitcoin n’est pas nécessairement intrinsèque et il faut la considérer sous l’angle de la loi de l’offre et de la demande. À observer le cours du bitcoin, celui-ci subit des variations autant à la hausse qu’à la baisse, tout comme n’importe quel actif financier. L’histoire du cours du bitcoin présente une série de fluctuations de prix qui justifie qu’il ne s’agit pas d’une bulle spéculative. Le cours du prix du bitcoin, qui reste haussier depuis sa création, s’explique par de nombreuses raisons pragmatiques dont le caractère déflationniste de la monnaie (Il n’y aura jamais plus de 21 millions de bitcoins émis), l’utilisation toujours plus grande, la difficulté d’extraction, etc.

Sans faire preuve d’ironie, on peut même considérer bitcoin comme un exemple d’ “anti-bulle“, dans la mesure où son cours augmente lorsque des bulles spéculatives de l’économie explosent. Rappelons que le bitcoin a été créé en 2009, après la crise spéculative des subprimes… Depuis, bitcoin est considéré comme tout comme l’or, comme une “valeur refuge” par les investisseurs qui cherche à se couvrir de l’inflation des cours des monnaies fiduciaires.

Idée préconçue n° 6 : Le bitcoin est une technologie dépassée, il va être remplacé par d’autres cryptomonnaies

Le bitcoin a été crée en 2009 par Satoshi Nakamoto et depuis, c’est toujours le même protocole qui est en exécuté. Les nouvelles cryptomonnaies apparues par la suite ont apporté des innovations technologiques intéressantes avec des transactions plus rapides par exemple. Les détracteurs aiment dire que le bitcoin est un protocole dépassé qui sera remplacé par les nouvelles cryptomonnaies, plus performantes. Il est vrai que de nombreuses blockchains sont apparus avec de nombreuses améliorations et cas d’usages. On peut penser à Ethereum par exemple qui à permis l’éclosion de multiples protocoles et de créer ce qu’on appelle aujourd’hui la finance décentralisée. C’est un fait, cependant, c’est là encore une confusion entre le bitcoin et les autres cryptomonnaies qu’il est bon de comprendre.

C’est une idée fausse de penser que l’on peut remplacer le bitcoin par d’autres cryptomonnaies comme l’ETH ou autres altcoins. La très grande majorité des cryptomonnaies n’ont pas été créées pour être des monnaies mais pour être des tokens utilitaires qui servent à l’utilisation de certains protocoles spécifiques. Tandis que les cryptomonnaies qui ont été conçues pour être des alternatives à bitcoin comme le litecoin par exemple n’ont pas les caractéristiques propres au bitcoin ( décentralisation, sécurité, absence d’entité le contrôlant, etc).

De même, l’idée préconçue qui veut que Bitcoin puisse être remplacée ne prend pas en compte des évolutions continues réalisées sur le protocole bitcoin. Il y a des propositions (B.I.P) soumises régulièrement pour rendre le protocole toujours plus évolutif. Cela permet au Bitcoin de s’adapter et d’évoluer selon les besoins tout en préservant la sécurité. Bitcoin évolue constamment et il est faux de sous-entendre le contraire. On a pu voir des mises à jour comme le Segregated Witness (« SegWit ») en 2017 qui ont notamment permis de mettre en place le Lightning Network. Ainsi, il est désormais possible d’effectuer des paiements instantanés et à moindres frais en bitcoin, par exemple.

Idée préconçue n° 7 : L e Bitcoin est une tragédie pour l’environnement

Le minage de bitcoin est certainement l’argument le plus puissant que brandissent les opposants au bitcoin. Des études comme celles menées par Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index (CBECI) indiquent que le minage de bitcoin équivaut à la consommation énergétique d’un pays comme la Suède. Avec des chiffres alarmants, de nombreux militants écologiques se sont prononcés pour condamner fermement les mineurs de Bitcoin. Récemment, la campagne menée par GreenPeace exhortait les mineurs à “changer le code” pour arrêter le “proof-of-work” utilisé par le réseau, qui est à l’origine de la consommation énergétique.

Pour répondre à ces arguments, il faut savoir qu’il ya plusieurs angles de compréhension et plusieurs éléments à prendre en compte. Premièrement, il faut comprendre que ce que l’on reproche au bitcoin, ce n’est pas tant de polluer que de consommer de l’énergie fossile. Or, depuis des années, de nombreuses études montrent que les mineurs de bitcoin utilisent à plus de 60% de l’énergie renouvelable ( éolienne, solaire, hydraulique, etc). Il est vrai qu’il est difficile de mesurer avec exactitudes les données du minage et que certaines études peuvent afficher des données différentes.

Il faut également prendre en compte les nombreuses innovations écologiques apportées par l’industrie du minage pour limiter l’impact environnementale. Aujourd’hui, de nombreux experts s’accordent à dire que l’industrie du minage fait partie de la solution et non pas un problème pour lutter contre le changement climatique. C’est en effet une solution contre-intuitive dont de nombreux militants écologiques tels que Daniel Batten défendent le principe aujourd’hui.

Certes, l’industrie du minage n’est pas encore une solution parfaitement exempte de critiques. Cependant, il serait injuste de ne pas saluer les efforts fournis par les mineurs et de ne pas considérer les améliorations apportées à l’industrie qui permettent de lutter contre le changement climatique.

Mot final

Nous avons voulu écrire cet article en prenant seulement 7 idées préconçues répandues, cependant, nous savons qu’il existe bien d’autres préjugés et erreurs qui circulent sur le Bitcoin. Nous avons voulu publier des articles spécifiques pour certains des idées préconçues qui demandent des explications plus détaillées. Aussi, si vous cherchez à améliorer votre connaissance du Bitcoin, sachez qu’il existe de nombreux livres sur le bitcoin et la blockchain qui vous permettre d’aiguiser vos connaissances.

Il est enfin important de comprendre que Bitcoin n’est pas facilement compréhensible et qu’il nécessite de connaitre différentes notions et concepts qui se situent au carrefour de plusieurs disciplines, telles que la philosophie, l’économie, l’histoire ou encore la finance. On ne peut comprendre bitcoin en lisant quelques lignes descriptives ici ou là et encore moins à travers les écrits de personnes qui n’ont pas de connaissances approfondies sur le sujet. C’est dans un ensemble de connaissances et sous des approches scientifiques que bitcoin peut réellement être appréhendé pour ce qu’il est ou ce qu’il n’est pas.

Sources :

  • Crypto Crime Trends : https://blog.chainalysis.com/reports/2022-crypto-crime-report-introduction/
  • Le minage de bitcoin peut prévenir les changements climatique de Daniel Batten : https://bitcoinmagazine.com/business/bitcoin-mining-can-prevent-climate-change


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Ines Aissani

Éditrice du journal ZoneBitcoin, tombée dans le terrier du Bitcoin et farouchement convaincue qu'il peut apporter une solution aux problématiques liée à l'inclusion financière.

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